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Five Peaks Orford – tuque, collines et montagnes

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J’écris, ce soir, avec ma tuque Five Peaks sur la tête.  Il ne fait pas vraiment froid en ce moment, mais ça me fait un effet réconfortant.   Parce que, courir dans nos petites montagnes, c’est toujours une aventure.  Un voyage.

Dimanche matin, en arrivant sur le site de la course, enveloppée dans ma couverture, j’ai ressenti le trac associé au départ, imminent, qui allait être donné.  J’avais épinglé, sur ma veste d’hydratation, le cœur en feutre que ma fille (ma presque petite) m’avait fabriqué.  Parce que j’avais, ce matin-là, un peu peur de partir.  De laisser mes cocottes à la maison, pour une première fois, en pleine autonomie et entourées de trois autres enfants, dont un tout petit.

À cinq heures am, je mangeais ma chocolatine en écrivant des mots d’amour – des conseils, des consignes, des renseignements…et des numéros d’urgence, au cas où – à mes enfants.  J’avais rempli mon sac d’hydratation, rassemblé tout ce que je comptais apporter avec moi et j’avais pris soin d’aller contempler ma troupe de lutins, encore endormis.  La veille, j’avais temporairement adopté trois cocos (ça m’arrive, de temps en temps) et, miraculeusement, j’avais réussi à dormir.  Je crois avoir répété au moins quinze fois, ce soir-là, qu’il était impératif de se reposer avant d’entreprendre un défi.  Que cinquante kilomètres, ça demandait quand même un peu d’énergie.  Enfin, je ne sais pas trop comment on y est parvenus, mais tout le monde a éventuellement réussi à plonger dans les bras de morphée.  Et c’est ainsi que j’ai pu me réveiller, en sursaut, dimanche matin.

Je n’échangerais pas une minute de cette journée, même si, à mes yeux, c’était la journée des montagnes, au sens propre comme au sens figuré.  Nous avions effectivement quelques sommets à gravir, puis à descendre.  Des sommets qui se laissaient désirer, pavés de racines et de rochers qui ne pouvaient qu’attirer l’œil et l’attention.  Il fallait y être.  À chaque instant.  De bout en bout, la nature, le vent, les marcheurs et les autres fous illuminaient le paysage.  Highlight numéro un: un énorme oiseau brun à un mètre ou deux de ma tête, rasant le feuillage très généreux entre deux monticules rocheux.

Highlight numéro deux : les bénévoles.  Dans une course comme celle-là, on ne peut que les adorer. Les sourires, les encouragements, les surprises, les gouttes d’eau, les incroyables festins (le ravito de la 112 est désormais passé au stade légendaire, je l’affirme) et la patience de chacun d’entre eux ont une valeur titanesque (c’est plus gros qu’inestimable)!

Old school, oui.  Et tellement vibrant. Pour moi, c’est ça, le Trail ; c’est toi, moi, lui, elle, mes snicks/tes snicks, le bois, les bibittes,les variations de température et tout ce qui se passe entre les deux oreilles.  Avec le temps, avec la distance qui passent.  Je suis convaincue que c’est en grande partie pour ça qu’un regain d’énergie se fait sentir au fil d’arrivée :  IL SE PASSE QUELQUE CHOSE.  Je sais que tu le sais.  Mais imagine : tout ça se produit au même moment, de façon différente et pourtant aussi curieusement semblable, chez tous ceux et celles qui sont sur le terrain, pendant une course.  Parce que c’est une expérience.  Une aventure.  Un défi.  La matérialisation d’un objectif que tu t’étais fixé un jour où tu te sentais inspiré (ou délirant, c’est selon).

Que tu te sois senti éreinté, illuminé, émerveillé, chaviré, pocké, amusé, surpris ou dépassé (j’inclus le féminin dans ce propos), tu vas avoir partagé une partie de ce que t’es, c’est comme ça.  Que ce soit ton empreinte de pied dans la bouette, ta sueur, ta main d’applaudissement, ton rire ou le motton que tu avais dans la gorge, tu y auras participé.  Tes souvenirs pourront en témoigner.  Les ampoules sur tes pieds ou les égratignures sur tes jambes aussi.  Le Trail, c’est faire partie de la forêt, juste un peu.

Et c’est un peu pour ça qu’on finit toujours par recommencer : on en veut encore.

Malgré la peur, malgré le manque de sommeil, malgré les jugements, qui, peut-être, défilent dans nos têtes.  Parce que le cœur fini toujours par prendre le dessus.  Et, si t’es comme moi, eh bien, le cœur, c’est un gros morceau de nature : il a besoin d’air.  Il a besoin de mouvement.  Il a besoin de cette chaleur qu’on dégage quand on entreprend quelque chose qui nous interpelle profondément. Quelque chose de vrai.

Et quand on partage un brin de sentier avec d’autres, aussi fous que soi, quand on entre en collision avec cet instant qu’on s’était préparé à vivre, ça se fête.  Pendant des heures…et des heures, en fonction de nos capacités respectives.  Jusqu’au bout de ce qu’on peut donner, recevoir, offrir et pousser.  Ou peut-être pas.  On peut aussi choisir d’être entre les deux.  Quoi qu’il en soit, c’est quelque chose.  Et un moment donné, on s’arrête.  Parce que c’est le temps.

Rendu là, à chacun sa façon.  Bien humblement, je peux te dire que moi, en courant, j’ai pensé à manger un Mr Freeze pendant un bon trois heures.  J’avais hâte de croquer dedans – ce que j’ai fait, bien campée sur une chaise, avec ma nouvelle tuque.  J’avais hâte d’appeler mes enfants pour être certaine que la Terre tournait encore.  J’avais hâte d’entendre les autres, de ressentir un peu de ce qu’ils avaient vécu.  J’avais hâte, enfin, d’écrire, parce que j’avais peur.

J’avais peur de moi. Du jugement, au sens large.  J’avais peur de ma peur et de mon anxiété; j’te le dis, ça va loin!  Et, pourtant, plus le temps passe, plus on dirait que derrière la peur se cachent toujours de grands désirs.  Ou des désirs à faire grandir.  Du stock à faire réfléchir.  Parce que…

Parce que j’aime ça.  Pis, toi, qu’est-ce que t’en penses?  Ça va en prendre une autre course Five Peaks, hein?

Juste un peu, encore un peu!

Parce que.

 

Un gigantesque merci à tous ceux et celles qui nous ont permis de vivre cette expérience. À Luc Hamel, Anne Roisin, à tous les bénévoles, Bernice, Vanessa, Eric et Edith, Alex, Claude, Fanny, David, Noémie, Carmen et Alain, Geneviève,  Bianca, la gang du Club de trail Le Coureur, à Chantale pour m’avoir laissé m’asseoir sur sa chaise et à ceux et celles dont je ne connais pas encore le nom ou que j’oublie, momentanément.    

Merci à Laurianne, qui a probablement prié pour qu’il y ait moins de chenilles cette année.  Merci à tous les coureurs et coureuses: vous avez été extraordinaires et inspirants.

Un merci tout aussi spécial au petit troupeau d’enfants m’ayant permis de dormir avant la course et de partir avec le cœur sur ma veste (littéralement, comme en témoigne la photo).

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À 25 secondes du podium

Crédit photo: Normand Foucreault

 

Je n’ai pas fait du sport et de la course à pied mon métier.  Mais, à l’instar d’innombrables personnes, j’adore m’entraîner, me fixer des objectifs, me trouver de nouveaux défis et participer à quelques courses.  Pour moi.  Pour me dépasser, pour méditer, pour voir où j’en suis aussi.  Chacun y trouve son compte.  C’est, je crois, ce qui fait de ce genre d’activité un moment unique où tant de gens différents se retrouvent et s’essouflent en gang.

Aussi, pour une dernière fois cette saison, avec l’idée de clore une année 2017 bien remplie, j’ai entrepris de m’inscrire à une course tout près de chez moi : le marathon de Magog…la veille de l’événement!  Un beau 42 km, bien valonneux, que les habitués du coin connaissent pour sa difficulté et la température automnale, habituellement nuageuse, pluvieuse (et autrefois enneigée aussi).  C’est un défi que les gens relèvent depuis quelques années déjà et qui, comme le dirait mon entraîneur, n’est pas recommandable pour tous!  Il faut aimer ça.  Il faut se sentir prêt à avoir froid.  Il faut aussi se préparer à répéter un 21.1km qui en surprend plus d’un…et à le faire deux fois pour les marathoniens.  Les courageux, tant au 21 km qu’au 42, semblaient assez nombreux, malgré les nuages, malgré la difficulté esquissée par le dénivelé affiché du parcours.

J’en avais donc fait mon affaire pour cette année.

J’étais prête.  Fatiguée et un peu abîmée par une saison où les courses se sont avérées nombreuses et fructueuses en apprentissage, en cadeaux et en rencontres.  À mes yeux, chacune d’entre elles constituent un voyage en soi. Une façon de se découvrir.  De se retrouver aussi.  Et de mûrir.

J’avais entamé la saison 2017, au printemps, avec un diagnostic d’épuisement.  Avec la peur.  La peur de ne plus pouvoir courir, pratiquer une discipline que j’aime et pour laquelle de nombreuses personnes m’avaient encouragée et supportée.

Alors même que le soleil et la chaleur arrivaient chez nous, je me souviens être tombée au sol à la fin d’une course – un tout petit 5 km – et me dire que quelque chose clochait vraiment.  J’ai fait une pause obligée, en trichant un peu, et me suis remise sur pied en entamant la saison estivale avec les courses que je brûlais d’impatience de partager avec ces coureurs et ces coureuses qui représentent, pour moi, une grande famille.  Les défis entrepris ont été riches en expériences.  Je me suis sentie entourée, comme toujours, par d’incroyables personnes.  Par une énergie de nature et de feu.  Par la bonté de l’eau.  Et par la chaleur aussi!  En septembre, je me sentais comblée par les derniers mois, passés dehors à jouer, à m’entraîner et à échanger avec les autres.

Avec octobre est venue l’hésitation et la fatigue aussi.  Je crois que, pour une première fois depuis longtemps, j’ai réalisé que mon corps avait besoin de ces moments de pause que, bien souvent, dans l’enthousiasme et dans la vague de plaisir, d’adrénaline aussi, j’oublie de m’offrir.  À lire et à observer les défis relevés par chacun – Édith St-Amant¹, Éric Côté² et David Bombardier³, pour n’en nommer que quelques-uns – j’ai éprouvé une admiration sans borne à l’idée de ceux qui avaient osé, pour eux-mêmes.  À L’idée que tous avaient pris le temps de construire le plan correspondant à ce qui les appelait.  Dans la simplicité.  Pour le plaisir.  Et entourés de gens qui comptaient à leurs yeux.  Je me suis dit que ces moments-là, peu importe la façon dont on les qualifie, sont inestimables.  On s’en souvient.  Toujours.

C’est dans cet élan, tout de même perplexe face à la fatigue accumulée, que je me suis retrouvée sur le parcours du 42 km de notre marathon local.  Le marathon de la moustache (ou de Samuel Trudel, pourrait-on se risquer à dire) Le marathon de Magog.  À 25 secondes du podium.

Je n’y avais pas tellement pensé, puisque mon objectif, au départ, était de réussir à gérer mes glucides et mon effort pour me préserver, pour me sentir en forme au terme de la course.  Ha, ha!  Les coureurs comprendront que « se sentir en forme après un marathon ou après un ultramarathon » est tout de même un objectif ambitieux. L’an dernier, sur ce même trajet, j’avais compris ce que voulait dire « frapper le mur ».  Au 23ème km, mes jambes ne semblaient plus m’appartenir, raides comme de la pierre, et j’avais continué, jusqu’au bout, en me demandant si j’allais refaire ça un jour.

Cette année, je m’étais dit «pourquoi pas? ». Une belle fin de saison, qui faisait un peu broncher mon entraineur, avant de prendre congé de l’entraînement régulier.  Juste un petit peu.  Je ne voulais pas m’éclater.  Je voulais juste être là.

À 25 secondes du podium.  En cette dernière course de la saison, j’ai abdiqué à quelques centaines de mètres du fil d’arrivée, alors que je me préparais à doubler la jeune femme qui se tenait devant moi.  Je l’observais, depuis une dizaine de kilomètres déjà, en me disant qu’elle avait travaillé fort et qu’elle méritait d’arriver gagnante.  J’admirais son courage et sa présence.  J’ai réalisé, après la course, que je n’avais même pas pensé aux efforts que j’avais moi-même déployés pour être là, à cet instant.  En l’observant et en entendant ma collègue parler, le long de la dernière côte, je me suis demandé pourquoi j’avais fait ce choix.  En me préparant, à grands renforts de souffle, à la dépasser, je me suis demandé ce que ça changerait, d’arriver juste assez rapidement pour accéder au podium.  Et la seule réponse qui m’est venue en tête, à ce moment, avait été « la photo dans le journal ».

Et le déclic s’est fait.  Instantanément, j’ai ralenti.  Je me suis dit que je n’avais pas le droit d’enlever à la coureuse qui se tenait devant moi le plaisir d’arriver troisième.  La fierté d’avoir complété cette épreuve avec mention.  Tout au long de ces quelques centaines de mètres qu’il nous restait à parcourir, elle m’avait semblé heureuse.  Et je me sentais contentée de la sentir souriante.  Elle l’avait gagnée, cette course.

En ce 29 octobre 2017, j’ai donc franchi la ligne d’arrivée quatrième femme, quelques secondes derrière la troisième coureuse.  C’est un détail, me direz-vous.  Et vous avez bien raison.

Pourtant, j’y ai pensé pendant plusieurs jours.  Parce qu’au terme de cette course, je n’ai pas pensé à moi.  J’ai pensé à l’autre.  Ça peut sembler honorable.  Altruiste aussi.  Si on veut…mais je crois qu’au fond, il s’est passé bien autre chose en moi.

J’en retiens que, pour 2018, j’ai encore besoin d’apprendre à me choisir.  Dans le corps, dans le cœur, dans la vie comme dans la course, c’est un effort qui implique que tous nos sens soient à l’écoute.  Que l’on s’accorde le droit et le choix de prendre soin de soi.  Parce que c’est une priorité.

Et c’est là que commence tout bon entraînement.  Après le repos, coach, bien entendu!

Bravoooooooo  à tous les coureurs et à toutes les coureuses, qui étaient plus de mille, à franchir la ligne de départ et aussi la ligne d’arrivée des différents parcours du marathon de Magog cette année!

Au prochain printemps!

Ah…je risque de tricher un peu cet hiver, mais j’ai promis d’être sage; j’arriverai en mai en santé et vous aussi, je le souhaite!

 

Un énorme merci encore à tous ceux et celles qui m’ont accompagnée et aidée : Izna et Arielle, mes deux grandes filles, Jean-Pierre, mon entraîneur, les coachs du Club de Trail Le Coureur, Justin Perreault et Geneviève Tanguay, ostéopathes, Dominic Dubuc, mon apiculteur préféré, Chantale Belhumeur, naturopathe et magicienne ainsi que son conjoint Richard, Lise Bouchard, Bernice et François, Carmen, Alain, Veronic et son conjoint Luc, toute la gang du Relais, Sophie et Josée, Louise, Sylvie, Annie, Normand et Claudine, Anne Le Mat, Anne Roisin, Luc Hamel, Geneviève Monette et les joyeux lurons, Jean-Paul et Josée, Diane et j’en passe.

https://makeachamp.com/isabellebernier

Vous avez contribué à faire de cette année un moment mémorable!  Comme on dit, en bon québécois, « câline qu’on est chanceux »!

 

Références:

1. Édith St-Amant: ( http://www.beautempsmauvaistemps.com/blog/2017/10/50k-edith  )

2.  Eric Côté: ( http://www.beautempsmauvaistemps.com/blog/2017/9/ultra-trail-du-bout-du-monde  )

3. David Bombardier: ( https://unpasalafois.ca/2017/10/03/ma-trotte-legendaire-en-video/ )

 

 

Relais du Lac Memphrémagog, édition 2017

L’équipe Bonheur illimité; manquant sur la photo, notre accompagnateur, Luc

Relais du Lac Memphrémagog, édition 2017

Crédit photo: François Poitras

Au départ du Relais, sous un soleil torride (cette expression n’est pas poétique, c’était littéralement le cas), nous étions six bienheureux , prêts à partager une journée pour une incroyable cause: courir en vue d’amasser des fonds pour la jeunesse de l’Estrie par le biais de la Fondation Christian Vachon.

Ce Relais en est un qui s’étend sur 123km et qui permet de faire le tour du Lac Memphrémagog.  Pour la onzième année, deux cent équipes de coureurs se sont rejoints afin de prendre part à la levée de fonds, tout en mouvement.  Comme une énorme famille, ça court, ça pédale, ça mange et ça boit du matin au soir.  Il y règne un esprit particulier.  On peut sentir la chaleur qui s’en dégage (d’autant plus cette année, compte tenu de la température ambiante)!  J’habite la région depuis presque quatre ans parce que je m’y suis sentie chez moi.  L’étendue et la beauté de sa nature me touche.  Les gens d’ici me touchent aussi (j’ai l’impression de me sentir perpétuellement émue) et ce qui s’y développe également.  Il est vrai que chacune des régions que nous habitons peut nous remuer, à sa façon, mais j’ai tendance à croire qu’ici, il se passe quelque chose de spécial.

À mes yeux, cette course à relais en était une où j’ai pu vivre et observer l’effort, le dépassement de soi, la satisfaction et le plaisir de contribuer, chacun à sa façon.  J’ai vu des passants offrir de l’eau aux coureurs, des bénévoles costumés et souriants, des responsables fort occupés, des commanditaires épatés, des enfants mis au défi et des athlètes de tous acabits.  J’ai eu le sentiment, au cours de cette journée, d’être entourée d’une équipe investie, soucieuse du bien-être de chacun et drôle à souhait.  Certains moments ont été plus difficiles, notamment en raison de la chaleur, et pourtant, tous ont progressé avec une volonté et un enthousiasme palpables.  Les rythmes étaient variables, permettant à chaque personne de s’aiguiller sur son objectif pour y arriver.  Il y avait, dans le respect de chacun, une grande force.  J’en ai été ébahie.

Au fil des heures, je me suis permis de suivre plusieurs coureurs de mon équipe.  Chacun des points de contrôle semblait se présenter comme un momentum pour créer un nouveau mouvement vers l’avant.  Je me sentais heureuse de pouvoir bénéficier de leur présence, d’observer leur détermination, de ressentir l’élan, comme la fatigue, qui allaient nous mener jusqu’au bout du parcours.  Nous n’avions pas une visée compétitive, mais bien un regard porté vers l’expérience, vers la joie de pouvoir être là, tout simplement.  Tout rond.  Tout au complet.

Je sais que ceux et celles qui l’ont vécu à répétition sont nombreux et que c’est, pour les gens de ma région, un événement particulier, comme une forme de tradition.  Un rendez-vous unique.  D’année en année, certains vont et viennent, mais je crois que l’ensemble du processus – la préparation, le recueillement des fonds, la course et la gestions des dons recueillis auprès des enfants, des élèves en besoin – laisse une empreinte particulière à ceux et celles qui s’y impliquent.  Je crois que c’est l’un des beaux mouvements de masse qui existent au Québec et qui permettent d’avoir un impact important en vue d’aider nos jeunes, de leur offrir un coup de pouce.  J’en ai été témoin.

123km, c’est une longue journée; le tour du Lac, comme on l’appelle.  Du matin au soir, on boucle la boucle.  Un peu comme le chemin d’une vie.  On passe d’étapes en étapes (14 points de contrôle où se trouvent des bénévoles et des équipiers magiques, oui, oui!), de chemins, bitumés à chemins de terre, de pentes abruptes à de longues descentes, du soleil à la lune, toujours, à un rythme qui nous ressemble.  On peut rire, pleurer, avoir mal, être soulagé, se sentir fébrile, impatient, heureux et j’en passe.  Pour certains, c’est une petite expérience.  Pour d’autres, elle est énorme.  Mais, dans tous les cas, on la sent dans son corps, dans son coeur et aussi dans sa tête.  Elle fait travailler tous les muscles, comme on dit.  J’ai d’ailleurs entendu un jeune coureur commenter son parcours en disant: c’est “mental”.  Il n’avait pas tort.

De retour au point de départ, enveloppée par les flambeaux, à près de 21h, entourée de mes coéquipiers et coéquipières, je me suis sentie portée par l’énergie collective, par tout ce qui avait été déployé pour que ce moment se présente avec autant de couleurs, de valeur et de sens.  On le vit dans l’instant, on le sent (nous avions eu tellement chaud!).  Et le sens reste.  C’est, je crois, ce qui remue Magog.

Et c’est aussi ce qui, je n’en doute pas, remuera invariablement le Québec.  Parce que nos jeunes en ont besoin.  Et ça, ça fait toujours du bien.

Merci à l’organisation, aux bénévoles, aux familles, aux touts petits et aux coureurs, ceux qui se ”font aller les jambes”.  Vous êtes incroyables!

Et un gigantesque merci à mon équipe Bonheur: vous avez toute mon admiration!

 

Quand on parle du Diable

Je suis arrivée sur le site, en vue de participer à l’une des courses endiablées du weekend, juste à temps pour entendre l’ondée d’applaudissements et les voix qui célébraient le départ du 80km.  Il était cinq heures am.  L’un des passagers de la navette que j’avais empruntée en était sorti en trombe, se précipitant dans le sentier pour rejoindre le groupe, car il s’agissait de son départ.  Pas de doute : il avait le diable au corps!

Faire une expédition en Mauricie, à St-Mathieu-du-Parc tout particulièrement, avait une connotation bien spéciale pour moi.  J’y ai partiellement grandi et mes premiers souvenirs de nature sauvage s’y trouvent.  Ça me fait l’effet d’un pèlerinage (ou enfin, de l’idée que j’en ai).  Quand on m’avait demandé, dans l’autobus qui nous conduisait au départ du parcours de 50km, ce que j’en pensais, j’avais répondu que c’était superbe et qu’on sentait à peine le dénivelé positif.  Je crois bien avoir parlé des stations de ravitaillement ainsi que de l’accueil coloré et vraiment agréable des bénévoles.  J’avais été marquée, l’an dernier, par la générosité de tous, par la magie des lieux, et par l’aspect particulier du sentier.  J’ai encore vu juste  sur ce dernier point, par contre, concernant le dénivelé positif, j’ai eu l’impression d’y avoir été un peu légèrement.  Je m’excuse d’ailleurs auprès de mon collègue d’autobus, devant lequel j’ai tenu un discours minimisant l’aspect côteux (escarpé)!

Au moment de m’inscrire pour la course, j’avais hésité entre le 50 et le 80km.  Au terme du trajet, en voyant apparaître, un à un, les gens de chez nous enregistrés à ce deuxième tracé – le plus long, je me suis dit que j’avais fait un choix sage…pour cette année.  On en retient de belles sections linéaires, entrecoupées de roches allant de haut en bas, d’arbres tombés et de bifurcations où il était important de bien regarder.  Flèches, ‘’X’’ et bandes de ruban au sol m’ont évité de nombreux détours.  J’ai pu voir passer les long runners en cours de route (nous croisions les participants du 80km) et partager, momentanément, des encouragements en écho.  Aussi, sur le parcours, je crois que nous avons été plusieurs à courir en solo et ce, pendant de nombreuses heures.  J’en ai fait une expérience méditative.  Et j’en ai aussi été bouleversée.

Au milieu de la forêt, là où l’on ne s’attend généralement pas à voir des gens, se trouvait l’un des ravitaillements qui redonnait du pep.  Quelques ‘’bonjour’’ m’étaient venus à l’oreille et j’avais levé les yeux, identifiant ce que j’allais saisir au passage, saluant en même temps les bénévoles en place.  Puis, j’avais entendu mon nom.  Une connaissance de longue date était sur place, Pierre-Luc, me rappelant à mes souvenirs.  J’étais repartie, Coca Cola en bouche – l’une de mes découvertes inusitées de l’été – ragaillardie.

Plus la distance parcourue augmentait, parsemée de coureurs croisés, plus l’émotion prenait sa place.  J’avais entrepris la course avec l’intention de la terminer en respectant la fatigue et les blessures qui subsistaient (depuis la dernière aventure, deux semaines auparavant).  J’éprouvais de la gratitude pour tous ceux et celles qui m’avaient encouragée à y être, de la gratitude de pouvoir courir sur mes deux pieds et de regarder en avant.  Je remerciais tout ce que je voyais et qui pouvait exister.  Comme on nous l’avait décrit, après la descente en enfer et le purgatoire, on remontait au Paradis.  Il s’agissait d’une section abrupte et rocheuse, au terme de laquelle de nombreux anges, portant des pichets de limonade, nous attendaient – p.s. : je ne délire pas; c’était littéralement le cas!  Je ne vendrai pas tous les punchs, pour vous encourager à vous y rendre, cependant, je peux vous dire que c’était un arrêt fort apprécié de tous et de toutes.  Ici encore, j’ai croisé Geneviève, avec qui j’ai partagé cinq années d’école secondaire, laquelle avait un sourire éclatant et, ma foi, fort réconfortant.

Quelque chose me paraissait alors curieux:  l’un de mes plaisirs lorsque je cours en forêt, est de me laisser aller complètement au moment.  Être là, dans les pas.  Lire le sentier en mode instantané.  Pourtant, cette fois, il me semblait que les impressions du passé allaient et venaient : les fins de semaine avec les cadets de l’armée (lac en Croix), mon frère et ma sœur (jeunes et maintenant décédés), Pierre-Luc (leur ami) et Geneviève (impliquée dans l’organisation).  À près de deux kilomètres de la fin du parcours, dans une belle descente peuplée de cailloux, les larmes avaient fait leur chemin.  J’ai atteint le fil d’arrivée avec la voix résonnante de l’annonceur, les sourires de mon père et de sa conjointe, exceptionnellement présents.  Les heures passant, j’ai vu les coureurs de mon actuel coin de pays – l’Estrie – arriver, épuisés d’un 80km bien relevé, mais heureux d’y être enfin.   Les coureurs du 35, du 50 et du 80km se succédaient sous l’arche.  C’était beau.  J’ai enfin été touchée et fort remuée par l’arrivée d’une participante du 35km.  Elle avait entrepris sa course au nom du Centre de prévention suicide local, amassant près de 4000$ pour la cause.

Je me souviendrai de cette journée du 2 septembre comme de celle où les synchronicités se multiplient pour faire la paix avec le passé…en faisant ce que j’aime tout particulièrement : courir.  C’était un 50km aux paysages uniques, bordé de rochers et d’incroyables bénévoles. Tout compte fait, je l’ai bien vécu comme un pèlerinage.  D’autres diront que c’est une belle ‘’ride’’ entre l’Enfer et le Paradis…en passant par la Chute du Diable😉!

 

Merci à tous ceux qui ont contribué à organiser cet événement, aux restaurateurs, aux bénévoles, aux amis, à Jean-Paul, Josée, Izna et Arielle, ainsi qu’à tous ceux et celles qui m’ont soutenue par le biais de la campagne Makeachamp!  Vous m’avez touchée.

Quelques collègues du 80km (Anne et Geneviève au podium, Luc à la photo)!

La confiance, pour petits et grands

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À la maison, j’ai deux poulettes.  Elles sont géniales, incroyables et viennent tout juste de franchir le cap d’une nouvelle année scolaire.  Eh, oui, dans mon coin, les établissements scolaires ouvraient leurs portes aux élèves le 24 août!  Entourées d’autres centaines d’élèves, elles ont investit l’école avec leurs appréhensions, leurs hésitations et tout de même une petite hâte.

Je me suis donc penchée, ces derniers jours, sur ce qui nous pousse à grandir, à être, encore et encore.  J’en suis venue au fait que de nombreux ingrédients faisaient partie de la recette…ou du mélange, pour ceux qui inventent la leur!

On pourrait entre autres parler de passion.  Une passion peut représenter toutes sortes de choses, comme une occupation ou une activité qui nous nourrit et qui nous propulse à avancer, de jour en jour. À mes yeux, c’est ce qui nous fait scintiller, qui dessine à nos visages de grands, grands sourires. Par exemple, chez moi, courir et créer font partie des passions vivantes.

Parenthèse: j’ai un parcours de vie atypique, un parcours professionnel étrange, une famille encore atypique et un mode d’entrainement tout aussi particulier. Je suis une personne insécure et, curieusement (ou évidemment, c’est selon), j’arrive souvent à me mettre dans des situations qui éveillent ou qui alimentent cette insécurité.  Beaucoup de gens voient chez moi le calme; ils en sont rassurés.  Quand on m’en parle, je souris et je me dis que ça doit faire partie de ce que j’ai développé pour apprendre à gérer l’intensité…de la vie.  À l’intérieur, je ne me sens pas toujours aussi calme qu’il n’y parait.  J’y travaille.

Mes enfants – deux grandes filles- n’aiment pas nécessairement la course autant que moi, mais elles me font le cadeau d’y participer, indirectement, et de s’y intéresser.  Je me dis que nos quotidiens, en tant qu’adultes, peuvent inspirer nos jeunes, alors j’espère leur offrir des images ou un exemple qui pourraient un jour les aiguiller sur des pistes.  Mes filles et moi sommes bien différentes, cependant, elles auront aussi à marcher leur chemin et à cultiver ce qui les rend heureuses, ce qui leur permet de ressentir le bonheur d’être ici. Comme toute jeunesse qui pousse, elles apprendront à se connaître davantage, à faire face aux défis, à choisir. Pour plusieurs, cela va de soi et semble tout simple; pour d’autres, c’est une aventure.

C’est dans cet esprit que je me suis arrêtée aux chemins qu’on prend et à la confiance qui se construit.  À près de quarante ans, j’ai tout juste l’impression de poser les bases de ma structure, d’apprendre à cultiver cette confiance.  J’aime ce qui est sauvage, les sentiers, la forêt, la Nature dans sa globalité comme dans les détails; j’aime créer, j’aime écouter et transmettre l’inspiration; j’ai toujours voulu parcourir et découvrir la planète à pieds.  Petit à petit – pocco a pocco, comme on dit en espagnol, j’avance et ça fait partie de ma folie, comme de celle de ceux et celles qui s’y retrouveront peut-être.  Je partage, avec mes enfants et mes amis, des morceaux de celle-ci.  Prendre le temps de faire confiance est un grand pas.  Je crois que peu importent les idées qui naissent et qui fleurissent, qu’elles soient cueillies ou pas par la suite, elles sont légitimes.  Elles font la paire avec les rêves.

Le parcours, qui ne se présente pas toujours comme un sentier bien balisé, peut s’avérer rempli de belles surprises, tout comme il risque d’offrir des moments ou des circonstances qui font douter.  Ce que je me répète, c’est qu’on peut toujours parvenir au fil d’arrivée.  Peut-être que le secret, c’est de trouver à quel rythme on l’atteindra.  Le comment, il est possible qu’on ne se l’explique pas et parfois, il faut être indulgent avec soi-même.  Qu’on se sente patient ou intenable, le temps passe.  Un pas à la fois, on ne peut que finir par avancer.

Plus d’une fois, lors d’un entraînement, j’ai entendu dire que le défi d’une course relevait entre autres du fait de parvenir à “faire sa course” et non “celle d’un autre”, en d’autres termes, de réussir à trouver son rythme, avancer avec et laisser les autres aller à leur cadence à eux, laquelle ne sera pas nécessairement la même que la nôtre.   Je crois que c’est une pensée à laquelle il est gagnant de coller et  bien que je me remette régulièrement en question, je l’apprécie.

Enfin, je crois que l’une des clés, tant pour l’année que pour la vie entière (rien que ça!), pourrait être de consacrer du temps et de l’énergie à l’activité ou à l’occupation qui permet de se rendre compte et de nourrir le fait qu’on peut y arriver, aller jusqu’au bout, et s’approprier sa réussite. La partager.  Un rappel pour tous les âges – je m’y inclus!

Surtout, à continuer d’activer: le sentiment qui dit que tout est possible…dans la mesure où l’on est à l’écoute, où l’on y croit.  C’est là que ça scintille, comme les bottines de mes filles!

Et je vous le dit, celles-là, on ne peut pas les rater (elles brillent beaucoup, beaucoup, beaucoup)!

Je n’ai pas pu m’empêcher d’essayer!

 

Trans Vallée 2017

 Trans Vallée 2017

sous le signe de l’humilité

Crédit photo: Sylvie Leduc

Une incroyable forêt, un site entouré d’un cours d’eau qui appelle l’énergie, des gens de tous âges.  Des coureurs aux horizons variés, aux objectifs et aux désirs nombreux; ils sont là, prêts et moins prêts, à se lancer dans la nature, envers et presque contre tout.

Même avec la pluie, le paysage de la Vallée Bras-du-Nord, comme les sourires des bénévoles, impressionnent.  Je n’ai pas consulté la météo.  J’ai apporté une panoplie de vêtements, l’équipement nécessaire, des souliers de course, mes enfants et mes amis dans le cœur.  En me préparant, la semaine dernière, j’ai eu peur.  Peur de ne pas être prête, de ne pas être assez en forme, peur de me sentir épuisée.  J’ai discuté avec la peur et j’ai décidé d’y aller quand même.  Je l’ai vue, comme le stress, sur le visage de certains coureurs, me rappelant le trac avant la levée du rideau.

Pendant ce weekend, plusieurs combinaisons de parcours étaient offerts aux amoureux de la course en sentier – la trail, comme on dit – permettant de varier les distances, le dénivelé, la vue (le paysage) et la quantité de boue accumulée sur ou dans les souliers.  On pouvait être plus ou moins choyés en alternant le rythme partagé avec d’autres coureurs.  Je me souviens des jambes et des cuissards de ceux et celles qui avançaient tout près, comme de la clochette de celui qu’on avait surnommé le berger (François, appris-je en cours de route) et de l’ouverture de Marie-Pierre, que j’avais croisée, ailleurs, l’an dernier, et qui impressionnait.

La nature offrait des paysages impressionnants, des ravitaillements salvateurs (eh oui, les bénévoles étaient parvenus à se rendre jusque-là) – j’y ai d’ailleurs découvert les bienfaits du Coke…je ne le dirai pas à mes enfants! –  et des moments qui appellent l’endurance, la résilience ou le courage (peut-être même les trois à la fois).  En passant sur des passerelles submergées par l’eau environnante, nettoyant toutes les chaussures aussi rapidement qu’elles avaient été durcies par la terre, rafraîchissant les pieds, j’ai ressenti le plaisir d’être dehors, dans un espace sauvage, avec l’envie d’en profiter, peu importe les conditions.   Tous les parcours étaient authentiques, gorgés de pierres, de racines, de verdure, de pentes qui montent et qui descendent, de trous et de buttes.  Dans le milieu de la course en sentier, on appelle ça « technique ».  Moi, j’appelle ça « la vraie nature ».  Et c’est ce que je préfère.

J’ai vu les gens sur le fil de départ et à la ligne d’arrivée – un peu moins bien pendant la course de nuit, bien entendu, mais les timbres de voix m’étaient devenus familiers.  À chacune des journées (vendredi, samedi et dimanche), on pouvait déceler la fébrilité et l’esprit qui habitait autant les lieux que les coureurs.

Être présente sur le trajet de vendredi soir, lampe frontale allumée, croisant des bâtons lumineux, des sourires, des jasettes et des souffles coupés, c’était particulier.  Les coureurs, selon leur choix de parcours, avaient trois ou quatre boucles à compléter (10 ou 15km), et je n’ai pu m’empêcher de sourire en pendant au fait qu’il me fallait faire attention pour bien compter les miennes (il faut savoir qu’un trajet en boucles peut demander beaucoup de concentration)!  J’ai complété le parcours, comme tous les autres lumineux, heureuse, mais avec un gros mal de ventre.  J’en aurai d’ailleurs fait une bonne partie de mon histoire de la fin de semaine, consacrant la nuit de vendredi à me tourner et retourner dans mon sac de couchage (quand je ne faisais pas des allers-retours à la toilette), un tenace indigestion au ventre.

Samedi matin, deux départs s’offraient : le 38 km et le 10km.  J’avais pris l’autobus, la navette qui nous conduisait au départ du 38km, le cœur sur la flotte et le ventre à l’envers.   Je me sentais vidée avant même d’avoir commencé et pourtant, j’y suis allée (Advil et cie en bouche).  Ce parcours aura été celui qui m’a poussée à avancer, même découragée par la douleur. Je m’y suis foulé la cheville, entre deux virages. J’ai pleuré une crampe en marchant sur un chemin de terre, alors que je souhaitais courir à fond de train, j’ai ralenti, parce qu’il le fallait. La forêt s’étalait de tout son long et de haut en bas; j’admirais sa force.  C’était un trajet qui pouvait écorcher et qui appelait la patience.  L’accueil des bénévoles, ici et là, était un cadeau.  Franchir la ligne d’arrivée, un accomplissement en soi.  La rivière, une résurrection…pour de vrai!

À mi-temps, nombreux étaient ceux et celles qui mangeaient, sur le site, un excellent repas ayant été planifié le samedi soir.  Réfugiée dans un chalet, j’avais partagé ce moment avec plusieurs amis, tous aussi attentionnés les uns que les autres. Je leur dois d’ailleurs une bonne nuit de sommeil.

Les autres coureurs m’impressionnent toujours, les nouveaux comme les expérimentés.  La nature, elle, m’ébahit.  C’est dans cet esprit que j’ai pris le départ de la course du dimanche matin (21km, qui s’avérait être 37 pour ceux et celles enregistrés au Trans Vallée X), observant Anne, coureuse de renom, s’élancer sur le sentier.  Elle était partie à plein régime et le mouvement s’était enclenché. Tout semblait aller très vite.  Nous étions, je crois, plus d’une centaine et, en y additionnant la cinquante de coureurs du 37 km, que nous croisions en chemin, j’en avais conclu que nous formions un gros troupeau. J’entendais la clochette du berger (François) et je progressais, entourée de quelques coureurs.  Le trajet, qui montait, montait, montait et redescendait parfois, m’aura appris à apprécier le fait de courir en sandwich (avec un ou des coureur(s) devant et derrière moi).  Je me concentrais sur le rythme, sur mon souffle et sur la clochette, tout en tenant d’éviter de cracher ou de me moucher sur quelqu’un d’autre que moi.  Eh, oui…!  Les indices de temps et de kilométrage me rappelaient que nous approchions du fil d’arrivée et que je commençais à ressentir la faim (deux jours plus tard!).

J’ai franchi le dernier kilomètre, enveloppée par les encouragements des passants, des bénévoles et de quelques coureurs, absorbée par la proximité de la rivière et par mon besoin d’y plonger.  Je me suis arrêtée au noyau formé par mes amis, tous sourires.  La chaleur, les câlins et les photos pleuvaient.  Trans Vallée complété.

Enfin, je me sens encore dans l’émotion des trois derniers jours et surtout, submergée par l’admiration et l’inspiration de ces quelques centaines d’athlètes qui ont osé poser le pied sur un ou plusieurs départs, avec tous les risques et tous les plaisirs envisageables.  C’est plus qu’une aventure et je crois que celle-là, il faut vraiment la vivre pour la saisir.

Je lève encore mon chapeau aux assoiffés de la course en forêt, aux trailrunners et à tous ceux et celles qui les entourent.  Il faut être un peu fou pour aimer ça!

Merci encore à Annie, Anne L., Sylvie, Noémie, Carmen et Alain, Isabelle M., Bernice, Normand, Brigitte et François, Anne R., Sophie et Josée, Laurence et Charlélie, Justin et Geneviève, Izna et Arielle ainsi qu’à tous ceux et celles qui sont là, de près ou de loin. Votre exemple, votre présence, votre aide et votre accompagnement sont un précieux cadeau.

Merci à tous les bénévoles et aux organisateurs : nous avons été plusieurs centaines à être choyés et transportés dans l’aventure.  C’était bien 100% pur trail!

Joyeux dixième anniversaire!


Première femme au cumulatif, toutes catégories confondues,   Crédit photo: Sylvie Leduc

 

 

5 Peaks Québec à Coaticook, édition 2017

5 Peaks Québec, Coaticook, édition 2017

Attablée au soleil, en après-midi, alors que les coureurs et la pluie étaient repartis, j’ai rapidement fait le bilan d’une course à laquelle j’ai offert mes yeux, mes mains et ma voix, à défaut d’y investir mes jambes!

Nous étions plusieurs sur le parcours.  Qu’on parle de bénévoles, de coureurs ou de randonneurs, nombreux ont été les piétineurs de sentier ce matin-là.  La pluie n’avait arrêté personne – enfin, c’est ce que je me suis dit – et le départ avait vraisemblablement été pris avec beaucoup d’ardeur, puisque de l’endroit où je me trouvais, une intersection cruciale sur le parcours (j’y reviendrai), accompagnée de mes deux enfants-tonnerre, tous arrivaient en trombe, dans la mesure où il le pouvaient, compte tenu du fait que l’une des premières montées qu’ils venaient de compléter leur demandait de reprendre leur souffle et leur rythme.  Il va sans dire que les degrés de sourire, à ce stade, étaient variables; on pouvait déchiffrer l’effort, la volonté et la détermination dans les visages.  Je n’ai pas beaucoup observé les jambes, puisque je m’efforçais d’encourager et de soutenir le passage de chacun, mais d’expérience, je crois qu’elles étaient plus que sollicitées.  J’irais même jusqu’à dire que certaines d’entre elles frôlaient la raideur reliée à la sollicitation active des muscles en service!

Comme on le dit si bien, après la pluie vient le beau temps.  C’est effectivement ce qui s’est produit dimanche dernier, alors que certains se préparaient peut-être à courir sous une pluie diluvienne pour une dizaine ou encore une vingtaine de kilomètres.  Lorsqu’on court et que la chaleur nous envahit, la pluie est salvatrice – elle nous sauve!  Lorsqu’on encourage les coureurs, elle nous rappelle qu’il ne fait pas toujours chaud et qu’il peut être bon de faire semblant de courir un peu nous aussi pour activer le potentiel de chaleur.  On parle ici de patience…et d’admiration pour ceux et celles qui sont en plein élan.

Enfin, être la fille de la première intersection en forêt, celle qui pouvait porter à confusion, permet aussi de faire de son statut de bénévole un job à risque.  J’aime autant prendre des risques qu’être ébouriffée…et ce n’est pas peu dire!  En l’occurrence, j’ai accidentellement conduit cinq participants à compléter un parcours inédit : le 8 km (je m’en excuse à Joel, entre autres!).  J’en ai été remuée pendant un moment – voir la photo ci-bas -, puis me suis rappelée à l’ordre en entendant les enfants se chamailler au loin, entourés de randonneurs, de chiens et enfin, de soleil!  J’ai même félicité un participant pour avoir complété sa deuxième boucle (la deuxième boucle du deuxième tour), lequel a utilisé son souffle pour me mentionner que c’était, en fait, la quatrième.  Il avait raison : je n’avais pas mis de dossard, en ce dimanche matin, mais je savais bien que la demande en énergie était grandissante, de boucle en boucle.  Ils avaient de quoi être fiers.  Pour certains, le nombre de kilomètres représentait un grand défi.  Pour d’autres, il pouvait s’agir du dénivelé, de la vitesse de croisière, de l’efficacité ou simplement de courir en sentier, entre roches et racines.  Une aventure dans la grosse et la belle Nature!

J’en retiens, comme à chacune des courses auxquelles je me suis présentée, qu’il s’agisse d’aider ou de courir tout court, que le ressenti et la confiance sont toujours au rendez-vous.  Suivre les indications tout en prenant le temps de ressentir ce que l’instinct nous dit, faire confiance à ses pieds, au mouvement, à notre capacité à nous poser et à bondir là où il le faut.  J’ai peut-être fait erreur, dimanche matin, parce que j’ai eu les pieds posés au sol trop longtemps…! Mea Culpa

Bravo à tous les coureurs (en nombre record pour cette édition), aux organisateurs (Luc, Anne et ceux que j’oublierais), à l’équipe des bénévoles (ma gang du jour) et aux enfants qui sont venus donner un coup de main (Izna , Arielle, Misha, le bébé chien et ceux que je n’ai pas croisés) : une troupe en or!

 

Crédit photo: Izna Audy Bernier

– 5 Peaks Coaticook, édition 2017 –

Mountain Training – Québec Méga Trail 2017

Crédit photo: Sylvie Leduc, Québec Méga Trail 2017

J’habite dans la région de Magog-Orford.  J’y ai atterri, il y a trois ans, après avoir voyagé et déménagé la majeure partie de ma vie.  Je m’y suis sentie chez moi; j’ai eu un coup de coeur.  Samedi dernier, j’ai eu “un coup de montagne”!

Québec Méga Trail. Québec Méga Trail. Québec Méga Trail.  J’en avais entendu parler.  Je l’avais vu sur le web.  Ça repassait en boucle sur Facebook et mes amis, que j’adore, m’y avait invitée.  Comme j’avais complété mon premier 50km en compétition – avec un dossard – l’an dernier, je me suis dit que l’opportunité était parfaite pour un deuxième ultra dans le genre.  C’était vrai.  Et c’était aussi exigeant.

Oh my God! (OMG pour faire plus court)

J’avais lu que le 10km était un parcours à faire vomir.  Un coureur de ce samedi a d’ailleurs commenté sa course en écrivant que “ça n’était pas pour les chochottes”.  Ça fait sourire.  Et aussi repenser au trajet complété.  J’ai l’impression qu’en général, sur un trajet de près de 50 km, on se dit qu’on n’a pas vraiment envie de vomir, qu’on aimerait avancer sans, mais il était logique de se demander de quoi ça aurait l’air.  En fait, je ne me suis pas trop posé la question.  J’ai choisi de m’inscrire, j’ai demandé conseil aux expérimentés – Anne et Luc – et j’ai pris le temps de m’asseoir, la veille de l’événement, pour écouter ma gang de coureurs qui faisait le point sur le trajet, le dénivelé, les ravitaillements et l’estimation du temps de course.  Calée sur ma chaise, en pyjama, j’écoutais attentivement, tout en déconnectant des stress de la semaine, de la fatigue (déménagement, enfants, emploi).  J’étais dans ma bulle, comme on dit.

Au réveil, à 5h45, ben…j’avais déjà l’esprit au travail depuis quelques heures!  J’avais rêvé à la course et je m’étais réveillée au moins quatre fois pendant la nuit.  J’avais hâte.  Entourée de coéquipières et d’un coéquipier, je me suis activée pour être prête et prendre le départ du 48 (qui tournait plus autour du 50)km du QUÉBEC MÉGA TRAIL.  Nous étions 160.

À 8h15, le signal avait été donné.  C’était un départ pour une belle montée de plus de 5km dans La Libériste, accompagnée du chant des chiens ou des loups au passage.  Une montée en “garnotte” (gravier-grosses pierres), de magnifiques sous-bois, de beaux segments en single track.  Une forêt qu’il faisait plaisir de découvrir.  De part et d’autres, ça jasait.  Ça parlait des racines, de la boue, du rythme.  J’entendais aussi une clochette, accrochée au sac d’un coureur.  Dling, dling, dling dling.  Monter la côte, tourner, essayer d’éviter un peu les trous de bouette et s’envoler sur le parcours.  Ralentir, accélérer, sauter, sautiller et rire d’être là, entourée de gars, plongée dans le défi.

Parenthèse: il y avait, bien entendu, d’autres filles, mais je n’en ai croisé que deux sur 50 km, dont Hélène Dumais, une aventurière fort inspirante. Déjà, au cours des premiers 25 km, la vue d’un ravitaillement était presque comme l’apparition d’un oasis – il faisait chaud, chaud, chaud! Ayant au poignet une petite montre à aiguilles, je n’avais aucune idée de la cadence ou de l’intensité; j’avançais.  Je ressentais.  Et quand l’aiguille de ma montre arrivait à 15, je me disais qu’il était temps d’avaler quelque chose.

À la mi parcours, de retour au pied de la montagne, j’ai essayé de verser de l’eau dans ma bouteille, tremblotant un tantinet, puis une précieuse amie – Carmen – est apparue et a pris le relais, accélérant le processus, à mon grand plaisir: j’allais enfin monter La Crête. Je pourrais aussi écrire La CRÊTEEEEEEEEEEE!  Je pense que ceux et celles qui l’ont marché samedi (je doute que quelqu’un l’ait courue) sont en mesure de comprendre.  Monter une pente d’une inclinaison de plus de 30 degrés, pendant plus de trois kilomètres, à environ 31 degrés C avec humidex, c’était une expérience.  C’est ce que j’entendais par “coup de montagne”.  À tous ceux et celles qui ont la chance de s’entraîner là: wow!  Un incroyable terrain de jeu!

Rendue en haut en haut, il fallait redescendre.  Des randonneurs, un magnifique point de vue et un beau sentier verdoyant m’ont à nouveau fait sourire.  La piscine n’était plus qu’à 25 km!  Descendre, monter un peu, demander à un coureur qui tombe si ça va, avoir mal, tomber à mon tour, observer le paysage pour une seconde fois, puis entendre le bruissement de l’eau.  La hanche me tiraillait et pourtant, en croquant mon arnica, je me disais que tout allait bien.  J’avais l’impression d’entendre mes amis et une de mes coach m’encourager.  Je pensais aux autres coureurs, aussi plongés dans l’aventure.

Km 19!  On entendait l’eau de plus en plus fort.  Les coureurs se faisaient rare.  J’ai croisé, je crois, quelques participants du 25 km, progressant à leur rythme, en discutant et en riant.  La foulée s’allongeait avec la descente.  Je reconnaissais les tournants, les racines et les panneaux du parcours.  FINISH, par là!  Go, go, go Isabelle! Une forêt tout aussi particulière et…la rivière!

J’en avais rêvé.  Sur la rive, j’avais rejoins le coureur juste devant moi, lequel se demandait quelle ligne emprunter pour traverser.  La ligne, c’était le bain, alors il fallait y aller.  Ce que nous avons fait, ma foi, assez vivement. Premier passage dans Jean Larose.  Très rapidement, le deuxième tronçon de rivière, plus dense, est apparu.  J’en ai profité pour m’asperger jusqu’aux sourcils, puis j’en suis sortie…avec les orteils figés.  Ayoye!  J’ai complété les derniers deux kilomètres (ou à peu près) avec les orteils congelés et la sensation d’avoir des pieds en pierre, plongés dans des sacs d’eau qui faisaient “squich, squich” (en l’occurence, mes espadrilles).  Un pan d’asphalte, quelques cônes une petite montée et la vision d’un coureur au profil allongé.  Un coéquipier!  Alain, c’est son nom, m’a guidée vers la dernière descente, me permettant de me concentrer sur la décongélation de mes pieds, occasionnant un inconfort assez vif.  Au terme de la seule et unique minuscule montée restante, juste avant l’arrivée, j’ai reçu un autre cadeau: l’incroyable son dégagé par ma gang, mes coéquipières, tous sourires.  J’en ai eu les larmes aux yeux.  Je me suis d’ailleurs dit “câline qu’on est chanceux et chanceuses de pouvoir vivre ça“!

50km, c’est 50km.  J’en retiens que ce parcours-là est rempli d’apprentissages et de moments forts.  Je me prépare pour de plus longues distances et pourtant, si quelqu’un me demandait ce que j’en pense, eh bien, j’aurais envie de dire, en bon québécois, “attache ta tuque parce que le Québec Méga Trail, ça décoiffe”!  

Il faut croire que j’aime beaucoup être ébouriffée;)!

 

Un énorme merci à Carmen et Alain, Chantale et Richard, Sophie et Josée, les deux Anne, championnes, Sylvie, Luc, Bernice,  les amis du Club, Justin, athlète et ostéopathe incroyable, à tous les membres de l’organisation, à tous les coureurs, les habitués comme les nouveaux, à tous ceux que je pourrais oublier et à ceux qui m’ont encouragée.  

Et un gros clin d’oeil à mes deux cocottes, qui m’ont félicité au bout du fil comme si elles y étaient.  Je vous aime fort.

À la prochaine aventure!

L’équipe du Club de Trail!  

Le podium

Comme l’eau qui coule

Comme l’eau qui coule, ils avancent, jour après jour, un instant après l’autre et ce, malgré les difficultés, les douleurs, les inconforts.  Ils sont là, autour de nous, et nous sourient comme si le ciel était toujours bleu et que la vie était un miracle.

Je les croise dans les sentiers, sur la route, à l’école, à l’hôpital, parfois.  Vous les côtoyez sûrement vous aussi, ici et là, d’une localité à l’autre.  Ils sont nombreux, ceux qui prennent leur courage à deux mains et qui choisissent de vivre.  Ils m’épatent.

En effet, je les vois, je les entend et je les lit avec une immense gratitude pour la force qui les habite. Elle m’inspire et elle en inspire de nombreux autres, j’en suis convaincue. Ils ont, dans les yeux, une vie toute entière.  Elle leur appartient, complètement, et c’est avec détermination qu’ils marchent avec elle, un pas après l’autre, relevant les défis qui se présentent au passage.  Quand je sors dehors, je pense à eux.  Et j’avance parce que je les  ai vu avancer.

Chaque moment est une occasion d’apprendre.  Chacune de nos expérience nous fait grandir.  Parfois on accélère, parfois on ralentit et il arrive qu’une pause soit nécessaire. C’est là qu’on en profite pour se ravitailler, comme on dit, à la course.  C’est aussi ce qui peut nous permettre de prendre un rythme qui est le nôtre et d’ajuster nos flûtes pour mieux compléter le parcours qu’on a choisi.  Et ça fait du bien.

C’est enfin là que naissent les étoiles, dans nos yeux.

Celles que j’ai aussi vu dans les leurs.

Merci

 

Aux guerrières et aux guerriers qui ont attaché leur tuque…avec de la broche

 

 

 

 

 

Les sentiers et la route de mai

 

 

Les sentiers et la route de Mai

Je me demandais, encore, ce qui viendrait après la course.  Samedi avait lieu un événement auquel j’ai participé – le Xtrail de Sutton, entourée d’incroyables et de précieuses comparses.  Dimanche, il s’en déroulait un autre – le marathon d’Ottawa –  auquel de nombreux amis se sont rendus et entre les deux, plusieurs autres sont sortis pour profiter du grand air et de notre soleil printanier.

J’ai toujours considéré chacun de ces moments comme un privilège, puisque nous avons la chance de pouvoir « filer avec le vent », de courir, de marcher, de monter, de descendre et de plonger sans limitations (ou presque).  Cette fois, je me sens aussi sentie profondément émue de savoir que chacune des personnes que je côtoie en entrainement progressait à son rythme, avec la confiance, l’espérance et le désir d’avancer pour arriver au bout, à la ligne d’arrivée.  À chacun sa cadence, à chacune sa façon de faire.  J’en ai eu les larmes aux yeux.

Ces derniers jours ont été, il me semble, des moments doux et forts à la fois dans le passage de la saison entamée.  Il y aura de la fatigue, des raideurs, des sourires et encore des sourires dans les jours à venir.  Et ce qui donne un sens  à tout ça, c’est ce qu’on peut partager avec les autres, ceux et celles qui nous inspirent, les succès, les difficultés, les défis comme les apprentissages auxquels nous faisons face et qui forgent nos expériences de vie.  C’est aussi une opportunité de constater que chacun est unique, différent et pourtant aussi relié à toutes les communautés auxquels il appartient.   Sans oublier  toutes les anecdotes qui, au cours des prochaines semaines, flotteront sur nos lèvres.  Pour le bonheur de ceux et celles qui ont été témoins des avancées, de près ou de loin.  Pour le plaisir de rêver à y retourner ou encore  à s’y rendre pour une première fois.  Pour l’amour de la vie, avec ses hauts et ses bas.

Au-delà des sentiers et des routes parcourus, il s’est produit quelque chose.  Et c’est en étant attentive à ce qu’ont vécu les autres que j’ai constaté à quel point ces expériences nous permettent de grandir, de toutes sortes de façons.  Chaque instant vécu, chaque effort de concentration ou de laisser aller, chaque mouvement nous propulsent vers une ouverture ou une fermeture.  Une inspiration, une expiration.  Une à la suite de l’autre, jusqu’au bout.  Parfois plus rapide, parfois plus lente,  dépendant de nos capacités, de nos choix et de nos besoins.  Mais, dans tous les cas, c’est une victoire, parce qu’on a osé prendre le départ, quel qu’il soit.  Et c’est aussi ce qui rend l’arrivée si précieuse : avoir choisi d’avancer.  Merci, mes amis, d’avoir osé; c’est ce qui nous inspire.  Et, excusez l’orthographe, bravooooooooooooo!